Le préjugé de couleur à la française #6/6 Dans la vie des gens

tanlistwa, peinture,représentant Joseph, portrait de trois-quart, son regard semble perdu au loin, il porte une chemise blanche surmontée d'une verste bleur avec épaulette rouge

Temps de lecture : environ 14 minutes.
–> Reading the English version of this post  (coming soon) tanlistwa, image du drapeau britannique

Cette semaine, nous terminons la série sur le préjugé de couleur avec l’épisode 6. Dans les précédents épisodes, j’ai posé le cadre théorique de ce système raciste, évoqué les stéréotypes véhiculés sur les Noirs et explicité l’expression juridique du préjugé de couleur. Il y aurait encore beaucoup à dire sur le préjugé de couleur à la française, sur toutes les discussions liées au « mélange des sangs » dans les correspondances et les mémoires de l’élite française. Il y aurait à dire sur la construction du colorisme dans l’espace social, il y aurait à dire sur le préjugé juridique au XIXe siècle (que je n’ai pas étudié en détail pour ma thèse) jusqu’à son abrogation ( je vous invite pour ce point particulier à lire l’article sur l’abrogation du préjugé de couleur dans les années 1830 que j’avais publié en février 2020). Bref… Il y a de quoi faire plus d’une thèse sur le racisme à la française, rien qu’en s’intéressant au Premier Empire colonial.

Néanmoins, pour finir cette série, je voudrais faire ce que j’aime faire habituellement sur ce blog, parler des gens, de leurs histoires individuelles. Parce qu’il y a les grandes lignes du cadre normatif, politique, économique, sociale, mais il y a surtout des hommes et de femmes, comme nous, qui ont vécus à une autre époque, qui avaient leurs propres aspirations, qui ont mené leur barque tant bien que mal dans des systèmes discriminants à leur égard, dirigés par des personnes rarement bienveillantes, des hommes et des femmes qui n’ont pas eu d’autres choix que de faire face et d’essayer de prendre soin d’eux malgré tout. Je préfère les histoires qui finissent bien ; celles qui me donnent l’espoir d’un monde meilleur, celle où je peux voir l’ingéniosité des personnes face à un système oppressif, celles où les gens s’en sortaient à peu près. Mais la vérité c’est que quoi qu’il en soit, le préjugé de couleur était un système raciste ; il pourrissait la vie des gens quand il ne les tuait pas tout bonnement.

Aujourd’hui, je vous propose des extraits d’archives qui m’ont marquée, à lire et à méditer comme des regards témoignant de la vie de ces personnes libres de couleur, avec quelques explications et des remarques personnelles. Je n’ai pas développé chacune de leur histoire, je n’en ai pas la possibilité pour l’instant. Mais à travers chaque source, c’est un peu de leur détresse qu’on lit, c’est le poids du préjugé de couleur qu’on ressent.

1763, Martinique, Jean Arbousset perd son travail.

« Jean Arbousset mestif et libre de naissance habitant du bourg du Robert Isle à la Martinique, contenant, que dès sa jeunesse il a passé en France pour s’instruire dans l’art de la chirurgie ; que pour y parvenir il a fait ses cours à Paris (…) ; qu’ensuite il a été s’exercer chez un maître en chirurgie des plus célèbres de la ville de Bordeaux, où il a fait de nouveaux cours, chez qui il a resté, et auprès duquel il a travaillé pendant dix années consécutives avec succès et à la satisfaction de ce maître ; que se trouvant assez expérimenté pour exercer sa profession, et en ayant été jugé capable, il a servi en qualité de chirurgien et fait une campagne sur la frégate du Roi La Fortune, (…) que s’étant retiré à la Martinique il continuait d’y faire sa profession avec succès ; mais qu’il en a été interrompu et empêché à la sollicitation des chirurgiens du voisinage, qui ont obtenu contre lui des défenses du Général, et de se placer sous aucun maître ; ce qu’il n’a pu leur refuser parce que la déclaration de vôtre majesté du sept avril mille sept cent soixante-quatre enregistrée au conseil de la Martinique fait défense à tous gens de couleur, d’exercer la chirurgie. (…)
Le suppliant s’est voué toute sa vie à cet état, qu’il n’a pas d’autre ressource pour subsister (…) requérait à ces causes le suppliant qu’il plût à Sa Majesté, ayant égard à la présente requête, l’excepter par grâce spéciale
. »

Réponse à la demande « le but principal de cette loi a été d’écarter d’une profession aussi délicate des gens naturellement ennemis des colons par l’esclavage qui flétrit leurs semblables, et auxquels il importe d’ôter tout moyen de nuire. On pense que la prohibition doit être maintenue dans toute sa sévérité, toute Exception deviendrait dangereuse. »  Évidemment, on n’est jamais à une contradiction près, donc, quand il s’agit de mettre des esclaves au service des malades à l’hôpital comme aide-chirurgien apparemment là on peut faire exception…

1777, Martinique, Urbain de Toul, curé de Sainte-Luce, pratique la diffamation.

« Par devant le notaire royal en l’isle de la Martinique, résident au bourg du Marin, (…) fut présent le révérend père Urbain de Toul prêtre religieux de l’ordre des frères mineurs de Saint François, missionnaire apostolique aux isles du vent de l’Amérique et curé de la paroisse de Saint-Luce de l’isle Martinique y demeurant, étant en ce jour au bourg du marin, paroisse Saint-Étienne, (…) a dit et déclaré à haute et intelligible voix que s’il a accusé la famille du sieur Joseph Beaulieu, habitant au dit quartier du Marin, d’avoir quelques taches déshonorantes et que s’il a dit qu’ils passaient pour des gens de couleur, ça était imprudemment et sans fondement, la reconnaissant, lui et toute sa famille pour honnête homme et gens d’honneur sans aucune tache ni mélange de couleur ».

Entouré de nombreux témoins pour l’occasion, Joseph Beaulieu renonce, en échange de ces quelques lignes, à maintenir les poursuites qu’il avait engagées en justice à l’encontre du religieux. Cet acte notarié est exceptionnel pour la Martinique, je n’en ai pas croisé d’autres ; il illustre toute l’importance accordée à l’origine des familles et l’ampleur que la couleur de la peau ou le « sang-mêlé » a pu prendre dans les sociétés coloniales françaises, en particulier à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

1786, Paris, Perinne Françoise Ansquer demande à pouvoir épouser Antoine Tassime Didier le père de ses enfants.

« Supplie humblement Perinne Françoise Ansquer
Disant qu’elle ose solliciter de vôtre grandeur une faveur insigne, mais bien précieuse. Elle est mère et n’a point la qualité d’épouse, c’est ce titre qu’elle réclame aux pieds de vôtre grandeur. Le père de ses deux enfants désire avec le même empressement, qu’elle s’unir par des nœuds légitimes ; mais sans vôtre protection puissante, elle ne pourra jamais contracter un mariage parce que Antoine Tassime Didier qui veut l’épouser (quoique libre et Chrétien) est Noir, et que les ordonnances prohibent l’union des Noirs avec les Blancs (…) Tassime son amant qui veut être son époux, est le seul soutien qui lui reste et à ses enfants infortunés. Tassime est noir, mais libre et vertueux ; il a servi avec zèle et fidélité, M. Le Comte Daché Vice-amiral ; c’est ce seigneur qui l’a prit dans l’Inde ; à l’âge de cinq ans ; c’est sa dame, qui suivant les volontés dernières de son illustre époux a rendu à Tassime pour prix de son attachement et de sa fidélité, la liberté (le premier des biens).
Tassime ignore les noms de ses parents et de sa patrie, il ne connaît d’autres parents que ses bienfaiteurs, d’autre patrie que la France. Il y veut vivre et mourir en sujet fidèle, en bon père de famille, et comme le meilleur des Époux. C’est à vos genoux, Monseigneur, que je demande la qualité d’épouse légitime de Tassime : ne rejetez pas ma prière. »

Depuis 1778, en France c’est interdit parce que souvenez-vous : « Les nègres se multiplient chaque jour en France par la grande communication de l’Amérique avec le royaume. On y favorise leurs mariages avec les Européens, les maisons publiques en sont infectées ; les couleurs se mêlent, le sang s’altère. » La requête est donc refusée ; je ne sais pas ce que le couple devient.

1787, Paris, Frédéric aimerait épouser une fille de Maubeuge enceinte de lui.

« M. le Baron de Breteuil adresse un mémoire par lequel le nommé Frédéric, mulâtre libre, au service de Madame la Comtesse ô’Gorman demande la permission de se marier avec une fille de Maubeuge, qui est enceinte de lui.
Ce mulâtre avait adressé au mois de juillet dernier la même demande et M. le Maréchal de Castries par le ministère de S. Rosier avocat aux Conseils ; il a été répondu à cet Avocat le 11 août dernier que cette demande était formellement contraire à l’arrêt du Conseil du 5 avril 1778 ; mais qu’attendu la grossesse de la fille il serait peut-être possible que Sa Majesté se portât à permettre ce mariage, si les futures voulaient faire leur soumission en forme au greffe de l’amirauté à Paris, ou par devant notaire de passer aux isles après les couches de la fille, conformément à l’arrêt du Conseil.
On pense que c’est le cas de répondre dans le même esprit à M. Le Baron de Breteuil. Si le ministre l’approuve, il est supplié de signer la lettre ci-jointe.
approuvé »

Oui, le mariage est approuvé, s’ils quittent tout , traversent l’Atlantique et partent à 7000 km dans les colonies où l’union d’une femme blanche avec un homme noir est tellement réprouvé socialement qu’on n’en trouve juste aucune trace dans les archives martiniquaises et que je soupçonne les quelques cas ayant eu lieu d’avoir été obligé de quitter l’île… Autant dire que cette réponse positive n’en est pas une.

1797, Saint-Domingue, du vertueux Jasmin Thoumaseau par Moreau de Saint-Méry

« Aloou Kinson, né à la Côte d’Or, en Afrique, en 1714, y fut acheté par le capitaine Bertrand & vendu au Cap. M. Thoumaseau, maçon, l’acheta & lui enseigna son métier. Il fut baptisé dans la même ville le 31 mars 1736, & reçut le nom de Jean Jasmin. M. Toumaseau à sa mort, arrivée en 1738, laissa Jasmin à un M. Louis, entrepreneur des travaux du roi, avec prière de lui procurer les moyens d’acquérie sa liberté. (…) MM. Larnage et Maillert ratifièrent sa liberté le 12 mars 1749 (…) Jasmin construisit, en trois mois, à ses frais, dans l’Ouest de la Providence des hommes, (…) une maison de maçonnerie de 36 pieds de long sur 2 de large, avec un simple rez-de-chaussée, couverte d’essentes & disposée de manière à recevoir des malades (…). C’est là que depuis près de quarante ans, Jasmin, connu sous le nom de Jasmin Toumazeau, qui offre l’union du sien avec celui de son ancien maître, exerce la plus généreuse hospitalité, prodiguant ses soins, ceux de sa femme, de douze de ses nègres & sa propre fortune pour le soulagement des êtres de sa classe. Ce lieu qui peut recevoir, à l’aise douze malades, en a quelquefois dix-huit parce que Jasmin ne peut se résoudre à les repousser (…)
En 1778, ce nègre précieux conçut le projet d’augmenter sa maison, devenue insuffisante (…)
Jasmin avait déjà fait faire un mur de 80 pieds de long pour soutenir les terres le long de la ravine (…) Le croira-t-on ? On a renversé le mur de 80 pieds, & avec lui a disparu la possibilité d’exécuter le plan d’une augmentation de logement (…) même diminué l’ancien local occupé par l’hospice de Jasmin. Cet établissement, ignoré de presque tous ceux qui habitent la ville du Cap, est donc exposé aux caprices & même aux injustices malgré son utilité (…) Les travaux de Jasmin, si dignes d’éloges, sont ignorés ou méprisés. (…)
Cependant lorsque des gens de couleur font quelques legs pieux, les Providences des Blancs, où l’on ne les admet pas, ne dédaignent pas de les recueillir. Lorsque des gens de couleur donnent lieu à la prononciation de quelque amende applicable aux Providences, celle des blancs ne rougissent pas de les recevoir. Quand les personnes de couleur meurent chez Jasmin, c’est de la part des Provicences des Blancs qu’on vient réclamer leurs misérables effets. Si les fossoyeurs & les porteurs de la Providence enterrent ces mêmes personnes, on n’a pas honte de demander à Jasmin, les frais de sépulture. Et lorsqu’il ne faudrait qu’un regard de bonté pour leur procurer de nous secours, cela ne concerne plus qui que ce soit, ou plutôt il y a des êtres qui croient devoir l’empêcher ! (…)
Vertueux Jasmin ! Que l’espérance ne périsse pas au fond de ton coeur ! Si les témoins de tes efforts y sont insensibles pour la plupart ; si un préjugé, avec lequel tes oeuvres n’ont rien de commun, ne permet pas qu’ils t’estiment tout ce que tu vaux, console-toi ; une voix consacre à la vérité (…) aura publié tes vertus. (…) les coeurs sensibles y placeront un jour ce nom vénéré, & la censure publique sera alors le partage de tous ceux qui, incapables de t’imiter auront dit, que récompenser ta bienveillance, c’était menacer l’état politique de la Colonie. »

Moreau de Saint-Méry était un colon martiniquais, juriste de formation, qui fit carrière à Saint-Domingue. Il est connu pour ses différents ouvrages sur le droit colonial et sur Saint-Domingue. Il est aussi connu pour avoir élaboré un modèle théorique détaillé à vocation classificatoire du métissage, car il défendait farouchement le maintien du préjugé de couleur. Mais il le dit lui même, il était rempli d’une admiration profonde pour Jasmin… Il ne pouvait pas en dire autant des autres Noirs. Comme le titre si bien un ouvrage qui lui est dédié : Moreau de Saint-Méry ou les ambiguïtés d’un créole des Lumières.

1807, Martinique, le gouverneur évoque le génois Arisy qui prétendait épouser une « métisse » libre de la Rivière-Pilote

« un génois nommé Arisy, qu’on dit être danseur de corde, me présenta le 23 juillet un acte de notoriété par devant notaire, attestant qu’il n’était pas marié, afin que je lui délivrasse la permission sans laquelle il est défendu d’admettre à s’unir des personnes nées hors de l’ile.
Le même jour et presque au même moment, je recevais une lettre de M. Valmenière, faisant fonction de procureur général Impérial près la cour d’appel, qui me prévint que le Curé du Vauclin (l’abbé de Bouillé) l’informait du projet de mariage arrêté entre Arisy et une métisse libre de la paroisse de la Rivière-Pilote. (…)
le procureur général par intérim de son côté s’adressait à moi : il m’observait : “qu’aucune loi ne prohibait ces mariages ; que cependant, ils répugnent infiniment à la bonne police ; que ce cas ne s’étant pas encore présenté depuis le rétablissement du gouvernement français, il avait cru devoir me le déférer ; qu’à son avis, le Gouvernement avait le droit de s’opposer à ces sortes d’alliances, comme semblait y autoriser les modifications apportées au Code civil, qui interdisaient au blanc la faculté de tester en faveur des gens de couleur ; qu’au moins pourrait-on forcer un blanc, qui s’avilirait à ce point, à vider le pays avec sa femme” (…)
Huit ou dix jours après, Arisy revient sur la scène avec une pétition, portant que l’abbé de Bouillé lui a déclaré qu’il ne recevrait pas son acte de mariage (…)
J’apostille la pétition d’un renvoyé à se pourvoir par devers M. le capitaine Général. (…)
Le procureur général par intérim, M. Valménière, lui avait notifié définitivement un “ordre absolu du Capitaine Général, par lequel il déclare prohibé dans cette colonie les mariages de tous blancs avec tous gens de couleur, jusqu’à ce que le Gouvernement ait prononcé” (…)
Je ne tairai pas à votre Excellence le résultat immédiat et assez curieux de la conduite qui a été tenue vis-à-vis du nommé Arisy et de l’ordre que le Capitaine Général a rendu à son sujet : je tiens l’anecdote du curé du Vauclin lui-même. Arisy, voyant qu’il éprouvait tous ces obstacles en qualité de blanc, s’est retourné et a dit : Je suis mulâtre et de demande à être marié comme mulâtre. »

L’autorisation de mariage a été refusée par Villaret-Joyeuse. J’ai vérifié dans les registres en 1807 et 1808 à Rivière-Pilote, je n’en trouve pas trace. Jusque-là bien que réprouvé socialement et assimilé à une mésalliance juridiquement, le mariage d’un homme blanc avec une femme de couleur était légalement possible à la Martinique.

1815, Martinique, M. Tholosan crée le scandale pour mon Général.

« Un inconvénient bien plus grave encore et qui vient de se présenter de manière à éviter un grand scandale est l’arrivée d’un homme de couleur marié à une femme blanche. De pareilles unions seraient tellement subversives du système colonial, que non seulement elles n’ont jamais été permises dans nos isles, mais que personne n’en a jamais osé concevoir seulement l’idée.
C’est néanmoins dans un pays dont l’organisation ne peut se soutenir que par cette distance entre la couleur blanche et toutes les autres, que le nommé Tholosan, homme de couleur, se présente avec une femme blanche dont il se déclare le mari. Cet homme est lui même un ancien déporté de la Martinique aux époques révolutionnaires, circonstance qui seule suffirait pour l’écarter en ce moment de cette colonie.
Mais le fait de son mariage ne permet point d’hésiter à cet égard, ne fut-il par dangereux par lu même, il le deviendrait en offrant aux yeux des gens de couleur & esclaves, le spectacle de la dégradation d’une blanche descendue au rang des affranchis. Cela est tellement vrai que les gens de couleur et esclaves ont eux-mêmes été indignés de voir ce mélange et qu’à l’arrivée de ces deux individus ils ont été insultés par la populace, au point qu’on a été obligé d’employé la force pour les protéger »

Bha voyons, les gens de couleur et les esclaves étaient indignés… vous noterez que l’engagement de Tholosan à la période révolutionnaire est rapellé…  et pour un peu notre gouverneur passerait pour un bon samaritain, pas raciste pour un sous, en prescrivant promptement de faire repartir le couple illico presto… pour les protéger. La démagogie dans le discours, c’est comme le racisme, ça ne date pas d’hier.

Des préjugés qui n’en finissent pas

Le Vacher d’Espinais le disait déjà en 1787 : « Il est de loi fondamentale aux colonies que les fils d’affranchis à quelque distance qu’ils soient de leur origine, conservent toujours la tache de leur esclavage (…), le préjugé plus fort encore que la loi inspire aux habitants des colonies, l’aversion la plus marquée pour la classe des gens de sang-mêlé (…). Ce n’est pas que la morale ne se révolte contre l’ordre actuel des choses et que chaque blanc en particulier ne convienne peut-être de la barbarie du préjugé, mais tous n’y sont pas moins attachés. »  J’aurais aimé pouvoir écrire que bien heureusement au XXIe siècle il n’y a rien de moins vrai ; mais les stéréotypes ont la dent dure, les privilèges sont difficiles à reconnaître, le respect de l’humanité des autres ne semble toujours pas une évidence. Pour combien de temps encore ?*

tanlistwa, peinture d'une femme noir clair de peau (buste et tête), assise accoudée à une table, la main gauche repliée au menton, elle porte un haut blanc sans manche et devant elle il y a un tissu bleu repliée, le regard bas vers la tête comme en pleine réflexion
L’Attente par Edgard Maxence, 1894, Crédit photo : Beaux-Arts de Paris

Tous les épisodes :

En complément de cette série


* L’attente certe, mais l’action aussi ! Pour les personnes racisées (particulièrement les femmes) devant faire face au racisme dans le monde professionnel, Marie Dasylva fait un travail d’accompagnement remarquable auprès des personnes concernées ; vous pouvez écouter son podcast Better Call Marie ou par exemple son intervention dans le podcast Travail (en cours).
Autre ressource de qualité : Kiffe ta race. Ce podcast est animé par Rokhaya Diallo et Grace Ly, diffusé sur la plateforme Binge Audio. Un mardi sur deux, les deux femmes reçoivent un·e invité·e pour explorer les questions raciales à travers des problématiques du quotidien sur le mode de la conversation et du vécu. Qu’en est-il quand on est, à la fois, victime de discriminations raciales et sexuelles ? Comment assumer son identité plurielle ?…

Je vous disais dans le premier épisode à quel point je suis fatiguée ; je ne suis pas la seule. Pour nourrir la réflexion et parce qu’il m’a touché, le texte J’étouffe de Raoul Peck.

Enfin, vous l’avez peut-être remarqué, j’ai choisi des portraits peints d’hommes et de femmes pour illustrer cette série. Ni exotisation, ni érotisation, ni corps animalisé ou fantasmé, ni figurants souriants au service d’autres personnages,  ils et elles sont loin des stéréotypes outranciers qu’on leur assigne habituellement. C’est la raison pour laquelle, je les affectionne particulièrement ; j’aime voir les regards et les traits de ces visages qui expriment une humanité souvent oubliée dans d’autres oeuvres.

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Archives

Iconographie

  • Wikipédia, Portrait Study (Joseph), Théodore Géricault, 1818-19, Getty Center.
  • Facebook de la préfecture de Guadeloupe, « L’attente », par Edgar Maxence, Crédit photo : 1894, huile sur toile, Beaux-Arts de Paris.

Dans le diaporama reprenant tous les portraits ayant illustré la série

  • Base de données Joconde, Noir portant une caisse, XIXe siècle, Crédits photos © Dijon, musée des beaux-arts
  • Base de données Joconde, Portrait d’un jeune noir, 4e quart du XVIIIe siècle, crédits photos© musée d’Aquitaine
  • Base de données Joconde, « Étude de Nègre« , XVII siècle, Crédits photos © L. Gauthier
  • Wikipédia, Jeune femme aux pivoines, Frédéric Bazille, 1870, National Gallery of Art (Washington)
  • Base de données Joconde, « Mulâtresse », par Pierre Alexis Lesage, XXe siècle, Crédits photos (C) A. GUILLARD
  • Base de données Joconde, Portrait d’un jeune Noir, par Maurice La Tour, 1741, Crédits photos Orléans Musée des Beaux-Arts © cliché François LAUGINIEB
  • Wikipédia, Jeune Africaine, par Fernand Cormon, fin XIXe siècle, Musée des Beaux-Arts de Pau.
  • Base de données Joconde, « Mulâtre », par Pierre Alexis Lesage, 1906, Crédits photos (C) A. GUILLARD
  • Wikipédia, Portrait Study (Joseph), Théodore Géricault, 1818-19, Getty Center.
  • Facebook de la préfecture de Guadeloupe, « L’attente », par Edgar Maxence, Crédit photo : 1894, huile sur toile, Beaux-Arts de Paris.

4 réflexions sur “Le préjugé de couleur à la française #6/6 Dans la vie des gens

  1. Ce 6è et dernier article de la série m’a particulièrement plu…peut-ètre parce que cette fois il y a les témoignages des gens et que j’ai pu me mettre (ou essayer) à leur place. Ces témoignages m’ont beaucoup touché et je ne peux que saluer ton travail et te remercier de le partager avec nous!

    Nb: je commente ici pour le moment puisqu’en ce moment je n’ai pas mes données pour me connecter à ton site ou du moins, y laisser une remarque.

    Bonne semaine !!!! J’attends le projet sujet avec impatience!

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Sèverine pour ce mot sympathique.
      Je ne sais pas encore quel sera le prochain sujet et je pense faire une pause en aout – cette série a vraiment pris beaucoup de place et temps – mais je serai normalement de retour à la rentrée en septembre avec d’autres histoires 😉
      Bonne semaine à toi aussi !

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